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Savoir s'excuser : un atout maître

Par Thierry Noëllec, le 17/02/2015
Catégorie : Pratique de la Médiation

TNMédiationAu cours des entretiens de médiation, les excuses pour les torts causés arrivent souvent sur les tapis. Encore faut-il les présenter au bon moment et de manière adéquate. Explications.

 


Time.com est un site U.S. dont la version papier a inspiré de nombreux magazines de part le monde pendant des décennies.  Dans un article qui date de 2014, Time.com reproduit celui  parut quelque temps plus tôt sur le site xoJane.com.  Aujourd’hui, je vous en livre un résumé. C’est à votre tour d’en profiter car il reste d’actualité.

S’excuser n’est déjà pas si simple, mais s’excuser de manière constructive est encore plus compliqué. L’auteure, Ijeoma Oluo, pose comme principe de base l’antienne bien connue qui veut que :


TNMédiation...fondamentalement, Je Suis le Bien.

 

 

Or, à partir de ce principe, largement partagé par  une majorité de gens mentalement sains, admettre que l’on a pu faire du mal est compliqué car, de manière frontale ou pas, il implique que, parfois (mais seulement parfois, d’accord ?), Je ne Suis pas le Bien.

Ijeoma Oluo a donc, empiriquement, selon elle-même, établi une liste de

 

“5 Rules For Apologizing Like A Grownup.”[i]

 

1 – Vous ne pouvez pas enfiler les chaussures d’un autre. N’essayez même pas.

Ce qui revient à décrire la posture réelle de l’empathie (se savoir différent). Admettre la souffrance de l’autre, est une bonne chose, chercher à tout prix à la comprendre est contreproductif car le risque est grand, en « se mettant dans les chaussures » de l’autre, de trouver sa souffrance sans objet.

2 – Excusez-vous pour ce que vous avez fait.

Une excuse qui fonctionne prend la forme : « J’ai fait ceci et ça t’a offensé. Je m’excuse ». Autrement dit, l’excuse doit rester factuelle. Elle ne remet en cause aucun des deux protagonistes ; elle remet en cause la compréhension que chacun a pu avoir de l’événement, aux deux bouts de la relation.

Et si vous n’en avez rien à faire, dites-le aussi. C’est plus honnête.

3 – Mais si vous êtes sincèrement désolé, pensez à ce que vous allez faire pour éviter que la situation se reproduise.

Les excuses ne servent à rien si elles sont oubliées cinq minutes plus tard. La partie la plus constructive de l’excuse réside dans l’approche et la compréhension de votre  propre attitude. Si vous présentez vos excuses, c’est à vous de prévenir les futures situations. Pas à la personne offensée.

4 – Pas de « mais ».

« Je suis désolé, mais… » n’est en aucun cas une excuse. Le temps de l’excuse doit être exclusivement consacré à son objet. Ce n’est pas le moment de justifier sa position, ce qui reviendrait à entamer un échange de chicanes. Et si l’autre vous doit aussi des excuses malgré tout, ne retenez pas les vôtres. Attendez qu’elle s’y mette. Et si ça ne vient pas, tant pis… pour elle…

5 – Rappelez-vous que le pardon ne fait pas partie du jeu.

La personne que vous avez offensée ne vous doit rien. Elle n’est obligée ni de vous écouter, ni de vous aimer, ni de vous pardonner. Et ça n’a aucune importance. Car on ne s’excuse pas pour être gentil mais pour grandir pour soi.

Et c’est déjà beaucoup.

 

 

 

 

 

 


[i] Cinq règles pour s’excuser comme un adulte