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Impartial, Neutre, Indépendant, tout ça c’est un peu pareil, non ?

Par Thierry Noëllec, le 28/11/2013
Catégorie : Pratique de la Médiation

Les trois mots magiques sans lesquels tout médiateur ne peut même pas imaginer pouvoir travailler sont donc : Impartial, Neutre et Indépendant. Mais ces termes semblent si proches l’un de l’autre que la pertinence du trio ne saute pas aux yeux d’emblée.


 


Je me souviens de ma perplexité (ainsi que celle de mes collègues…) lorsque, au cours de notre formation à l’I.F.M. face à la page blanche de trois paper-boards, nous avons dû lister les mots qui se rapportaient spécifiquement à chacun des trois termes. Pas si simple, et plusieurs mots se sont retrouvés soit mal placés, soit présents sur deux, voire les trois tableaux. Heureusement, nous avions quand même quelques bonnes réponses…

Le langage courant ne fait pas nécessairement la différence et chacun connaît au moins un pays du vieux continent qui est notoirement neutre et indépendant, à défaut d’être impartial, ce que personne ne songe à lui reprocher. Par ailleurs de nombreuses professions sont exercées par des indépendants mais leur déontologie leur impose de prendre fait et cause pour leur client et, pour eux, l’impartialité n’est pas un sujet.

Tout système symbolique étant homogène en soi, il y a donc une spécificité de ce vocabulaire pour un médiateur.

Mais alors, où se cache-t-elle ?

En fait, tout est histoire de position. En débarquant au sein d’un conflit, le médiateur se trouve confronté à trois challenges qu’il doit résoudre avant même de commencer à travailler :

  • sa position vis-à-vis de la nature du conflit ;
  • sa position vis-à-vis des protagonistes du conflit ;
  • sa position vis-à-vis du contexte du conflit.

La réponse à chacune des questions posées par ces différentes positions réside dans le trio qui nous préoccupe.

1 - Position vis-à-vis de la nature du conflit : la neutralité

Les sources, les déclencheurs d’un conflit relèvent de la psychologie de chaque personne. Les émotions sont propres à chacun et le médiateur est là pour les prendre en compte, pas pour les juger, voire simplement les apprécier. Sa neutralité vis-à-vis de la nature du conflit et de ses déclencheurs lui confère la distance nécessaire, utile à la mise-en-place d’un processus de résolution où n’interfère aucune forme de jugement.

2 - Position vis-à-vis des protagonistes du conflit : l’impartialité

Littéralement, l’impartialité consiste à ne pas être partie prenante. C’est-à-dire à ne pas avoir (ou ressentir) de préférence pour l’un ou l’autre protagoniste. Ceci se traduira très concrètement (par exemple) par un traitement équivalent de chacune des parties en temps de parole, en qualité d’écoute ou en matière de l’organisation de l’entretien.

3 - Position vis-à-vis du contexte du conflit : L’indépendance

Le médiateur se pose par nature à l’extérieur du conflit. Certes, chacun comprend que le médiateur ne peut dépendre d’aucun des deux protagonistes du conflit, mais il ne dépend pas non plus des tenants et des aboutissants du conflit. Le médiateur a une obligation de moyen et non de résultat et, que le conflit se résolve ou pas par des embrassades chaleureuses, n’influe pas sur ses compétences professionnelles.

Comme j’aime bien mettre les concepts sous forme de graphique (un bon dessin, etc.), j’ai bien tenté plusieurs esquisses sur ce sujet mais, pour le moment, rien de probant.

Je vous fais signe dès que c’est au point…