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Devons-nous plus que la lumière ?

Par Thierry Noëllec, le 18/11/2014
Catégorie : Pratique de la Médiation

TNMédiationC’est l’une des règles d’or de la médiation professionnelle, le médiateur ne donne jamais de conseils aux médiés. Mais un article de Bill Eddy semble affirmer le contraire. Exploration. 


High Conflict Institute.com est un site en anglais basé en Californie. Comme son nom l’indique, il traite des conflits violents, selon les critères américains. Dernièrement, j’ai reçu un article de Bill Eddy, avocat, thérapeute, médiateur et auteur, intitulé : Les médiateurs doivent-ils faire des propositions ?[i]

Après ce titre un brin provocateur, l’auteur rebondit cependant assez vite du côté de la doxa communément pratiquée et les « conseils » qu’il prodigue éventuellement  restent dans la ligne. Cependant, leur énonciation décalée présente un intérêt, tant il est vrai qu’il faut parfois savoir changer de ton pour faire passer ses messages.  C’est tout le sens de cet article dont on peut résumer les grands principes ainsi :

Bill Eddy propose une méthode en trois points.

- Faire des propositions qui incluent Qui fera Quoi, Quand et Où ?

- L’autre médié doit alors poser au moins deux questions sur cette proposition en bannissant le Pourquoi qui génère toujours la critique.

- La réponse ne peut être que Oui, Non ou Je Vais y Réfléchir. Mais si la réponse est Je vais y Réfléchir, il faut préciser Pendant Combien de Temps (5 minutes, une semaine ?)

Au cours de cet échange, le médiateur doit décourager le rejet immédiat des propositions en posant à son tour des questions qui précisent ladite proposition. Ses questions permettent alors d’ouvrir l’échange et d’en enrichir l’idée.

TNMédiationCette manière de pratiquer au cours d’un entretien de médiation est en fait la plus pratiquée.

Mais Bill Eddy va plus loin dans la suite de son article.

Dans sa pratique, si les médiés sont bloqués sur les solutions à mettre en place, Bill Eddy leur propose trois solutions tirées de son expérience au cours d’’autres conflits.

Pourquoi trois ?

Bill Eddy avance que s’il n’en propose qu’une et qu’elle satisfait un médié et pas l’autre, il donnera l’impression d’avoir pris parti. S’il n’en propose que deux, elles courent le risque d’être rejetées par l’un et l’autre par automatisme. Avec trois propositions, il y en a toujours une qui fini par trouver son chemin.

La dernière partie de l’article détaille les cinq manières d’aborder la solution d’un conflit selon Bill Eddy.

Je vous en parlerai dans un prochain billet, dans les semaines à venir.

 

 

 

 

 



[i] Au sens de donner des conseils aux médiés