Le Blog

La valse des étiquettes

Par Thierry Noëllec, le 04/11/2014
Catégorie : Pratique de la Médiation

TNMédiationEn société, notre passe-temps favori consiste à coller des étiquettes sur autrui. Ce qui fait beaucoup de colle pour un rendement bien faible. Analyse.


Communication and Conflict est un site en anglais qui traite, comme son nom l’indique, de communication et de conflits. Dans un article récent, Alan Sharland aborde la question de cette tendance généralisée et quasi automatique, de ce besoin, que nous avons de coller des étiquettes sur autrui

Alan Sharland commence par rappeler ce constat que les mots (même les plus concrets) que nous prononçons recouvrent des réalités différentes (nécessairement différentes) pour chacun d’entre nous et que s’il en va ainsi pour le mot « arbre », il en est de même en fait pour des mots encore plus particuliers tels que : patron, musulman, handicapé, voire homme ou femme. Chacun de ces mots (par exemple) véhicule des stéréotypes qui sont propres autant à celui qui les prononce qu’à celui qui les entend.

Cependant, les stéréotypes sont devenus si prégnants, que parfois, refuser d’en prononcer les mots revient également à en renforcer la charge contrainte. Alan Sharland donne ainsi l’exemple d’une personne qui évite de commander un café « noir » car accompagné d’une collaboratrice noire… (soupirs…) De peur de blesser sans doute (re-soupirs…)

Pour se sortir de ces pièges que nous nous tendons en permanence, Alan Sharland propose donc une approche en trois points :

"Afin qu’une communication réelle s’instaure, nous devons être apte à réagir à n’importe quelle situation telle qu’elle se présente."

 (Et donc savoir faire fi de ce que nous pensions a priori.)

"Nous devons avoir une idée précise des stéréotypes que nous utilisons lorsque nous rencontrons de nouvelles personnes."

(Afin de savoir les maitriser et les dépasser. Il est illusoire d’imaginer que nous n’en avons aucun !)

"Et nous devons nous interroger pour savoir si oui ou non nous savons les remettre en cause en allant à leur rencontre."

(Où l’on en revient à la bonne vieille écoute en empathie, comme d’hab…)

En conclusion, l’auteur donne un lien vers un autre de ses articles qui consiste en un test sur nos présupposés. C’est en anglais, bien sûr. Mais j’essaie de vous le traduire pour un prochain billet car c’est très édifiant

→ La page d’accueil de Communication and Conflict qui propose de nombreux  liens judicieux