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Tous égo : les personnalités à fort potentiel conflictuel

Par Thierry Noëllec, le 02/09/2014
Catégorie : Pratique de la Médiation

TNMédiationLe site (en anglais) High Conflict Institute s’est fait une spécialité du traitement des personnalités à fort potentiel conflictuel. Au détour des pages, le site livre quelques clés très intéressantes sur le sujet. Visite.


High Conflict Institute.com publie notamment un article de Bill Eddy qui tente de répondre à cette question :

Pourquoi les personnes à fort potentiel conflictuel ont-elles tant de mal à guérir ?

L’article est assez long et mériterait certainement une traduction exhaustive. J’ai relevé quelques points essentiels qui marquent le déroulement de la réflexion :
L’analyse s’appuie tout d’abord sur les travaux reconnus d’Elisabeth Kübler-Ross et son travail sur le processus de deuil des malades en fin de vie qui passent par les étapes suivantes : Négation, colère, marchandage, dépression et acceptation. Ce processus, largement validé par l’expérience, s’applique aussi (avec toute la subtilité qu’il convient d’appliquer à cette affirmation) à toute personne placée face à un conflit qui la met directement en cause. Chacun d’entre nous a déjà (plus ou moins) vécu cette situation et comprend que passer au travers du processus est en fait la manière de faire son deuil et d’avancer dans sa vie.
Or, c’est précisément sur ce processus que les personnalités à fort potentiel conflictuel ont un problème. Bill Eddy énumère quatre caractéristiques qui sont typiques chez ces personnes :
  • Une propension systématique à tenir autrui pour responsable des ennuis qui les affectent.
  • Ils sont souvent dans des pensées de type « tout-ou-rien ».
  • Ils « gèrent » mal leurs émotions (ce qui inclut les comportements de sur-contrôle).
  • Ils se fourvoient aisément dans des comportements extrêmes.
Pour l’auteur, ces personnalités semblent scotchées au stade de la colère selon le tableau de Kübler-Ross. Ce qui, toujours selon Bill Eddy, semble se rapporter à un défaut dans le processus d’attachement, lequel remonte (bien entendu) à la toute petite enfance. La théorie n’est pas nouvelle mais l’auteur prend la peine de la décrire à nouveau dans son article tout à la reliant intelligemment à son propos spécifique.
Plus intéressant cependant, Bill Eddy propose six attitudes qui peuvent aider à composer avec ces personnalités.
 
  • Ne les critiquez pas. La critique appliquée aux personnalités à fort potentiel conflictuel fonctionne comme du sel sur une plaie, tout l’inverse de ce que recherche un processus de résolution.
  • N’essayez pas de les persuader par la logique. La logique (le raisonnement) ne s’applique jamais à la douleur, encore moins lorsqu’elle est émotionnelle.
  • Ne les invitez pas à se confier. Ils le feront bien s’ils le souhaitent. Mais les inviter à se confier pourrait être vécu comme une contrainte qui ne résulterait que dans l’amplification de leur douleur, à la manière d’une plaie ouverte.
  • Consacrez-leur votre empathie, votre attention, votre respect. A condition, bien entendu, de ne pas confondre empathie et sympathie. (Empathie : le test de l'armoire de toilette)
  • Imposez des limites et informez sur les conséquences. Différente du point 2 (qui s’applique au passé), cette attitude s’attache à aider la personne à projeter les conséquences de ses actes.
  • Apprenez-leur à se maitriser dans leur relation. L’attitude la plus généreuse assurément de la liste de Bill Eddy mais peut-être pas la plus facile à mettre en place de manière pérenne… Hélas…
 
Bill Eddy est thérapeute et avocat. Il a écrit de nombreux ouvrages dont la liste est disponible à la fin de son article sur highconflictinstitute.com.