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Jean Oury est mort : souvenirs...

Par Thierry Noëllec, le 20/05/2014
Catégorie : Actualités

TNMédiationLa mort de Jean Oury, fondateur de la psychiatrie institutionnelle, n’a rien à voir sur un blog dédié à la médiation, au management et aux RPS. Quoique…


C’était samedi matin, à l’heure du café, je suis tombé sur l’entrefilet de Ouest-France qui annonçait la mort, à 90 ans, du  docteur Jean Oury, psychiatre, psychanalyste et fondateur de la clinique de la Borde dans le Loir-&-Cher.  Pour tout dire, ce petit encart dans O.F. m’a plus attristé que la longue litanie des catastrophes quotidiennes auxquelles, comme tout un chacun, je me suis malheureusement habitué. Il y a plus de quinze ans, grâce à des amis communs, j’avais eu la grande chance de croiser son chemin. L’homme était déjà âgé, mais sa vivacité d’esprit, la vigueur intense qui émanait (rayonnait ?) de sa personne sont encore très présentes à mon esprit. Je me souviens (vaguement…) de nos échanges, toujours brefs, mais leur précipité est resté ancré au plus intime de mes synapses alors très endoloris.

Je suis bien incapable de dire si Jean Oury avait jamais entendu parler de la médiation ou des risques psycho-sociaux, ou ce qu’il pouvait bien penser de la multitude des techniques de management qui fleurissent chaque semaine.

Et d’ailleurs, qui s’en soucie ?

En revanche, Jean Oury savait parler du désir, de ce désir qui, au sens psychanalytique, est cette énergie débordante, cette pulsion de vie qui alimente notre moteur intime jusqu’à l’ultime frontière, pour le meilleur et pour le pire, les deux n’étant d’ailleurs pas incompatibles. Jean Oury savait aussi écrire sur le désir et je me souviens des longues heures que j’ai passées à (essayer de) comprendre ses ouvrages comme "Le Collectif"  que m’avait conseillé Henri Wermann. Bien des années plus tard, j’ai redécouvert le désir à l’œuvre sur le grand champ de bataille des RPS et dans les escarmouches des entretiens de médiation. Si le vieux docteur pouvait assisté à tout ça, il pousserait sans doute une de ces mémorables gueulantes en hurlant qu’il faut bien que le désir trace… et il aurait sans doute raison… comme d’habitude…


 

Pour aller plus loin avec Jean Oury :

L’article de Libération qui comporte deux liens intéressants.

Le Collectif et d’autres ouvrages de Jean Oury sur Amazon.

La moindre des choses, le film que  Nicolas Philibert avait tourné à la clinique de La Borde.

La Borde, le droit à la folie sur You Tube.