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Présentéisme, les rallonges qui débranchent

Par Thierry Noëllec, le 04/02/2014
Catégorie : Internet

TNMédiationParmi tous les indicateurs qui révèlent un risque pour la santé des salariés, le présentéisme est peut-être le plus pernicieux. Les horaires à rallonge ont mauvaise prise… Attention, danger !


Le site psychologies.com balaye tous les domaines du champ psy et notamment celui de la santé (ou du bien-être) au travail. Dans un dossier paru il y a déjà quelques mois, interrogé par Margaux Rambert, Pierre Blanc-Sahnoun aborde le délicat sujet du présentéisme, véritable « souffrance au travail » selon ses propres termes.

Se savoir (ou se croire !) indispensable mène souvent le salarié à se surinvestir dans son travail. Ce surinvestissement est une manière de valoriser sa fonction à ses propres yeux, il est révélateur d’un hiatus entre ses attentes et son implication ; un hiatus douloureux qui peut aller jusqu’à la rupture, physique ou psychique.

Alors que l’absentéisme ne cesse de baisser depuis cinq ans (sur la population globale des salariés[1]) le présentéisme, lui, est en constante augmentation et c’est bien cet écart en progression qui révèle que le problème est en pleine croissance.

Car le présentéisme est souvent vécu, tant par l’employé que par l’employeur, comme la preuve, la démonstration réelle d’un attachement à son travail et d’une forte implication dans l’entreprise. En d’autres termes, les horaires à rallonge sont plutôt bien vus surtout s’ils n’engendrent pas d’heures supplémentaires comme pour les cadres au forfait par exemple.

Or le présentéisme  est un indicateur sérieux d’une possibilité accrue de burn-out en gestation[2]. Il révèle et expose ce puits sans fond de la satisfaction et de l’estime de soi qui engloutit tout sans jamais rien combler, comme un trou noir gobe une étoile, fut-elle des plus lumineuses.


[1] Lire l’article sur l'absentéisme au travail.

[2] Lire l’article sur le burn-out