Le Blog

Un vaisseau dans l'univers

Par Thierry Noëllec, le 11/01/2014
Catégorie : Pratique de la Médiation

TNMédiationTenir ce blog et ce site est un plaisir qui m’enchante. Mais le plus intéressant, ce sont les retours des lecteurs. Et la semaine dernière, Christophe P. (il se reconnaitra) a mis le doigt sur un sujet sensible. Il a eu raison…


Ce lecteur assidu m’a fait remarqué que je revendique sur ma page de présentation de mener mes missions de médiation au service de l’entreprise et de son dirigeant. Cette phrase l’a un peu interpelé et il  m’en a fait part.

Oui, Christophe P. a eu raison de m’écrire car, effectivement, elle mérite quelques explications ad hoc.

Certes, au cours d’un conflit dans une entreprise (ou toute autre structure telle une administration ou une association par exemple) toute médiation est menée afin de renouer les fils du dialogue entre les médiés. A priori, lorsque la médiation aboutit à une solution favorable aux deux protagonistes, ceux-ci sont bien les premiers bénéficiaires du processus. Pour autant, chacun comprend que les collègues des deux médiés vont également pouvoir souffler un peu et ne plus avoir à supporter les tirs de barrages parfois quotidiens qui leur pourrissaient la vie du lundi au vendredi, voire plus. Dans le cas d’une entreprise où plusieurs services se côtoient, ceux-ci vont sans nul doute également profiter de la résolution du conflit, lequel se cantonne rarement dans un espace réduit.

Cependant, dans cet engagement, il faut comprendre l’entreprise comme une entité plus grande qu’elle-même, une entité qui dépasse les murs de ses propres bureaux.   

Ainsi, dans le cas d’une TPE d’une petite dizaine de salariés par exemple, un fournisseur attentif peut, à bon droit, s’inquiéter de la persistance d’un conflit qui pourrait s’envenimer excessivement et conduire l’entreprise sur le chemin de procédures judiciaires pénales engendrant des condamnations démesurées par rapport à sa trésorerie. Le fournisseur en question fait donc partie des bénéficiaires objectifs de la résolution du conflit


Prenons maintenant l’exemple d’un restaurant où le chef de cuisine est en conflit ouvert avec un membre du personnel de la salle. Un tel conflit a des répercussions évidentes (et parfois très sonores !) sur la tranquillité des clients ; lesquels clients préféreront renoncer à fréquenter ce restaurant si les choses s’enveniment. Ils sont donc tout autant gagnants si le conflit est résolu.

Même chose pour les autres commerces dans l’environnement immédiat de ce restaurant si celui-ci fonctionne comme la locomotive de la rue aux heures des repas. En changeant de restaurant, les chalands rebutés changeront également de rue et donc de commerces de proximité.

C’est en ce sens qu’une médiation est nécessairement conclue au service de l’entreprise, une entité dont les frontières s’étendent bien au-delà de son périmètre d’action.

Mais alors me direz-vous, où est le chef d’entreprise dans cette démonstration ? Placé au centre du dispositif, il est donc, tout autant que les autres acteurs, bénéficiaire de la résolution du conflit. Libéré du poids qui entravait sa démarche, il peut maintenant se consacrer tout entier à sa tâche de chef d’entreprise et la faire progresser to boldly go where no man has gone before.