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Un escalier, comment ça marche ?

Par Thierry Noëllec, le 08/12/2013
Catégorie : Pratique de la Médiation

Thierry Noëllec MédiationFaut-il toujours vouloir comprendre comment ça marche ? Hem… pas si sûr… (et je ne cherche pas à vous choquer systématiquement).


Dans le domaine des sciences ou celui des techniques, par exemple, comprendre comment ça marche a, non seulement fait la réputation de Michel Chevalet, mais aussi largement contribué au développement de l’humanité. C’est une caractéristique de l’esprit humain, nous aimons savoir ce qu’il y a à l’intérieur, démonter les mécanismes afin de les améliorer, concevoir et fabriquer des trucs, des machins et des bidules. Et le progrès technique est la meilleure preuve que comprendre est utile et indispensable.

Il y a pourtant un domaine où chercher à comprendre est nettement moins bénéfique, voire carrément négatif, c’est celui des relations sociales voire, si j’étais vraiment provocateur, de la psychologie de l’autre.

Thierry Noëllec MédiationOuh la, je vous vois sursauter sur votre siège à roulettes ! Mais comment ! C’est important de comprendre les motivations des autres ! La compréhension de ses motivations, de ses désirs, l'empathie,  tout ça, c’est essentiel ! Un bon manager, un collègue, un ami se doivent de chercher à comprendre ! Mais c’est incroyable d’écrire des choses pareilles !

Vlan ! J’en prends encore pour mon grade.

Et pourtant. Passer son temps à chercher à comprendre comment fonctionne l’autre, c’est autant de temps perdu que l'on n'utilise pas pour comprendre comment on fonctionne soi-même. Et ça, c’est bien pratique pour éviter de se remettre en cause… S’interroger sur les motivations de l’autre, c’est éviter de se poser la question de ses propres ressorts, de ses propres souffrances.  Alors, me direz-vous (le sourcil pointilleux), comment on fait ?

Admettre est une clé. Peut-être pas la seule, mais elle fonctionne bien. Admettre, ce n’est pas chercher à comprendre. C’est considérer que, quoi que je pense, à problème équivalent, l’autre peut avoir une réaction radicalement différente de la mienne. Et que cette réaction je ne la comprendrai éventuellement jamais. Tant pis. Dommage, peut-être. Mais admettre, c’est aussi considérer que l’autre est une personne à part entière, différente de moi, unique, tout comme je le suis moi-même.

En définitive donc, plutôt que  de se noyer dans une masse uniforme, admettre c’est se grandir soi-même dans la différence accordée à autrui. Et ça, ça fait rudement du bien.

Comme quoi, un  escalier auquel une seule marche manquerait ne mènerait pas bien haut.