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Une balle dans le pied

Par Thierry Noëllec, le 25/11/2013
Catégorie : Bibliothèque

Avec ce billet, j’ai un peu l’impression de me tirer une balle dans le pied. Comment un médiateur peut-il en effet dire du bien des conflits ? A voir…


Le conflit est l’un des modes d’expression les plus anciens de l’humanité.

Tentons un petit exercice de mathématiques qui trouvera une place de choix  dans la grande liste des calculs qui ne veulent rien dire. Mais quand même. Si on considère que l’existence des premiers hominidés, tel Orrorin, remonte à environ 6 millions d’années (voire plus), et que la naissance de ce que l’on appelle la civilisation est concomitante a l'apparition de l'agriculture, il y  a environ 12 000 ans, le rapport de « l’Homme civilisé » sur « l’Homme non-civilisé » est de 0,002 %. A peine l’épaisseur d’un vernis à ongles.

Certes, notre éducation, notre environnement, la conscience de soi que chacun développe et que nous étendons presque naturellement à autrui, bref, tous ces critères qui construisent une personne civilisée, nous enseignent à juste titre qu’il y a plus de bénéfices à se conduire correctement avec son prochain que l’attitude inverse.

Pour autant, il est totalement illusoire d’imaginer que nous pouvons nous débarrasser aisément d’une histoire bien plus ancienne, voire plus archaïque que nous, sans faire quelques efforts parfois insurmontables.
Le conflit est naturel car il relève de l’instinct de survie et que, par nature, tout ce qui est instinctif ne se contrôle pas, ou mal, a priori.

Dans un prochain billet, j’expliquerai comment le rapport au conflit n’est pas lié au conflit lui-même mais à son environnement.

En attendant, je vous invite à visionner une conférence de Miguel Benasayag, co-auteur avec Angélique del Rey d'Eloge du conflit.