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2 fois 7 secrets pour une médiation réussie

Par Thierry Noëllec, le 18/02/2018
Catégorie : Internet

Thierry Noëllec MédiationLes médiateurs ont-ils des secrets pour réconcilier les protagonistes d’un conflit dans 75 % des cas ? Certains auteurs le pensent et diffusent leurs secrets ! Révélations.


Le site SGRLLP.com est celui d’un cabinet d’avocats, basé à Toronto.  Ce site est riche en informations pertinentes sur l’actualité du droit canadien. A quelques semaines d’intervalle, Mitchell Rose y a publié « Sept secrets pour une médiation réussie » puis, une deuxième salve de sept secrets supplémentaires. (Je vous copie-colle les liens en fin d’article.)

Les articles qui déroulent une liste plus ou moins longue de secrets, de trucs, d’incontournables, de problèmes, de solutions et autres révélations sont des best-sellers du net. N’étant pas doué pour cette matière, je préfère donc vous proposer la traduction résumée de ces deux articles, sans surprises, mais plutôt bien faits. Et faciles à assimiler en tant que pense-bête, juste au cas où…

Mitchell Rose fait explicitement référence à sa pratique quotidienne, adaptée à son statut d’avocat canadien. Certains de ses points ou de ses exemples ne sont pas forcément pertinents dans la pratique des médiateurs des conflits en entreprises selon le droit et la déontologie des médiateurs français. Cependant, chacun de ses « secrets » éclaire à sa manière un point spécifique lié au bon déroulement d’une médiation.

Première salve de sept secrets

 

1 – Préparez votre client

Votre client doit connaître les ressorts de la médiation à l’avance afin que ses attentes soient en adéquation avec ce qu’il peut en retirer.

2 – Assurez-vous que vous avez bien à faire avec les vrais décideurs du conflit… et de sa solution.

Conseillers, conjoints, supérieurs hiérarchiques et autres détiennent parfois des clés invisibles.

3 – Attention aux erreurs de traduction

Si vous avez à faire à un ou deux médiés qui ne maitrisent pas la langue, faites appel à un interprète.

Un argument sans doute sensible au Canada ? Mais que l’on peut réinterprété en l’appliquant aux différences de langages entre corporations spécifiques au sein d’une même entreprise. Et qui laissent parfois des pans entiers d’incompréhension qui ne sont même pas ressentis comme tels.

4 – Allez à l’essentiel

Ce point évoque une étape de la médiation canadienne (et américaine) où les parties échangent leurs résumés sur l’affaire en cours (« a brief », qui signifie « bref », of course…) Or, un « bref » ne traine pas en longueur.

Un argument qui peut tout à fait être transposé à certaines étapes du style « présentez-vous en quelques mots » et autres questions destinées à poser un cadre et non à développer un argumentaire.

5 – Apportez toutes les données

Un point surtout valable en médiation familiale lorsque les coûts réciproques doivent être abordés. En médiation des conflits en entreprises, ce point est souvent plus encombrant qu’utile.

6 – Restez disponible

Même si, souvent, le rendez-vous est formaté, prévoir un temps de disponibilité plus long permet au médiateur de rester attentif et disponible à un changement d’attitude bénéfique à la résolution du conflit.

7 – Soyez prêt à signer un accord

Ayez avec vous (sur PC par exemple) une trame de projet d’accord qui sera facile à remplir dès que les parties y auront souscrit. Et sans attendre.

Autre particularité de la méthode dont se prévaut Mitchell Rose. Alors qu’une médiation de conflit en entreprise nécessite en général un, voire deux autre rendez-vous d’où émergera un accord solide entre les protagonistes.

 

Deuxième salve de sept secrets

 

1 – Pourquoi attendre pour médier ?

La tendance à la médiation avant la procédure judiciaire est une bonne avancée. Plus tôt intervient la médiation, moindre est le coût. La durée profite toujours au conflit.

2 –  "Soup is the meal"

Citation extraite d’un épisode de Seinfeld qui signifie qu’il ne faut pas attendre le reste du repas. La soupe est le repas.

Autrement dit, inutile d’attendre le procès, les plaidoiries, le jugement, les attendus, les réquisitions ou autres. Le temps de la médiation est le moment important du conflit, ce n’est pas l’apéritif du repas.

3 – Tout mène à une solution

Encore un point spécifique à la pratique de Mitchell Rose où le médiateur propose et recommande des actions, voire des solutions. Il en tire comme conclusion que les médiés doivent lui faire confiance sur ce point. « Whatever works, trust me ».

4 – Répondez, mais ne réagissez pas aux mauvaises nouvelles

Quoi qu’il arrive au cours d’une médiation, ce n’est jamais une bonne idée de sortir en claquant la porte. Toute réaction de la part de l’un ou l’autre des protagonistes contient une information qui peut mener à un accord.

5 – Continuez de parler

Si un blanc s’installe dans les échanges, continuez de parler car cela peut mener à une avancée.

6 – Le pessimisme paye

Trop d’optimisme vis-à-vis du règlement d’un conflit peut mener à un accord trop léger.

Au contraire, le pessimisme permet :

1) de se méfier de toute procédure trop longue qui irait jusqu’à un coûteux procès.

2) de baliser tout accord dans les moindres détails afin que le conflit ne surgisse pas à nouveau.

7 – Relancez la procédure judiciaire

Encore un argument spécifique à la pratique de l’auteur et son milieu d’activité.

Lorsque, si cela s’avérait incontournable, Mitchell Rose a relancé la procédure judiciaire, il a remarqué que, souvent, un accord de médiation intervenait dans les jours ou les semaines qui suivaient.

Cependant, sans aller jusqu’à conseiller les médiés sur ce point, proposer un temps de réflexion sur cette possibilité entre deux séances peut, parfois, permettre une prise de conscience salutaire.


 

Seven secrets of success at mediation

Seven more mediation secrets of succcess

 


Thierry Noëllec Médiation

Bonus qui n’a rien à voir avec ce qui précède

Un article du site Entreprendre.fr sur le harcèlement moral, comment le comprendre et s'en défendre.